DNA – La compagnie Houppz est à l’affiche au Kafteur, pour Wow, un spectacle simple, joyeux et hilarant. Une ampoule à changer? Du ménage? N’appelez pas les trois techniciens de surface de la compagnie Houppz. Dans leur nouveau spectacle, Wow, ces trois zigotos en tenue de travail rouge et jaune, avec leur balai et leur attirail de nettoyage, ne balaient ni ne nettoient grand-chose: ils font rire. Rire avec un humour très anglais -l’influence des Monty Python, irremplaçables comiques britanniques, est revendiquée.

Le trio strasbourgeois de Houppz (Etienne Bayart, Bruno Dreyfürst et Lionel Riou) utilise les ressorts du comique de geste et de situation. «C’est vrai qu’on fonctionne sur un modèle qui est moins actuel en France, commente Etienne, comédien et « Mister Bean » d’un soir. Mais des gens comme les Deschiens nous ont beaucoup influencés aussi ».

Une serpillière, un plumeau et un balai emmènent le public, secoué de fou rire, sur une plage de Tahiti ou au milieu d’une corrida en Espagne. Et l’aspirateur devient un dangereux prédateur, un ballon de baudruche une fille à draguer, puis un bébé. Les situations s’enchaînent, surprennent, en musique. C’est clownesque, tout le temps, burlesque et poétique, souvent. C’est drôle, simple et frais.

Les relations entre les personnages ajoutent une drôlerie supplémentaire. Se moquant les uns des autres, mais pas rancuniers pour deux sous, ces trois clowns s’entendent toujours lorsqu’il s’agit d’amuser avec rien. Ce qui fait rire, au-delà des scénarios enchevêtrés, c’est le jeu de chacun. Une ceillade, un pouce levé ou encore une simple grimace suffisent à faire fonctionner les zygomatiques.

Et lorsqu’une sonnerie annonce la pause, que les bières s’entrechoquent, injuste récompense d’un non travail, on pardonne à ces balayeurs, dont le comique autorise la mauvaise foi. Pis encore, on leur demandera de continuer, et même, de recommencer.

Raphaël Lepelletier